« La pente est raide et glissante, L'exercice est pénible mais l'homme ne semble pas en être affecté, il progresse régulièrement en arrachant les lierres et les feuilles séchées des bananiers. Ses mouvements sont cadencés. Il produit le seul bruit qui trouble l'harmonie naturelle de la forêt. Les rares oiseaux qui s'expriment parfois dans le silence, se taisent quand son sabre travaille, et les bruits mats des tiges tranchées, la note émise par le sabre quand il cogne par le flanc, sont tout ce qui perturbe la paix de la forêt. L'homme est celui qui règne sur le silence, sur les plantes de son jardin, sur la nature de l'endroit. C'est lui qui imprime sa volonté à la nature en dégageant tout ce que celle-ci a avancé de lianes et d'herbes, tout ce qu'elle a produit de feuilles mortes. Si la nature impose ses lois, il en décide l'usage. Elle peut faire pleuvoir ou venter, pousser, pourrir, germer. Il sait s'adapter et en tirer parti. Elle définit les règles du jeu et lui la stratégie. La richesse de l'air qu'il respire le saoule et le revigore. Le sabre n'arrête pas.»

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